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Yahoo-Microsoft : suite et fin ?

Rappel : Le 10 février dernier Yahoo rejetait l’offre publique d’achat de Microsoft de 44,6 milliards de dollars (30 milliards d’euros), jugée insuffisante. Suite des épisodes évoqués dans notre dernier numéro.

Samedi 3 mai, Microsoft retirait officiellement son offre de rachat. Après un nouveau refus malgré une offre de 47,5 milliards de dollars (33 dollars l’action), soit près de 31 milliards d'euros ! L’éditeur de Windows a jugé que les attentes financières de Yahoo n’étaient « pas raisonnables » (le portail demandait 37 dollars l’action).
Mi-mai, le milliardaire Carl ICahn, détenteur de 4,3 % du capital de Yahoo (59 millions d'actions) veut entrer au conseil d’administration et y faire nommer des alliés. Objectif ? Affirmer le mécontentement de nombre d’actionnaires, et relancer les négociations avec Microsoft.
Quelques jours après, Microsoft revient à la charge et évoque l’éventualité d'une transaction sur une partie de Yahoo sans plus de détail. Par ailleurs, l’entreprise « se réserve la possibilité de reconsidérer » une offre d'achat de Yahoo, malgré d’autres déclarations ultérieures en sens inverse.

Le trublion milliardaire s’avère tenace
Le 20, Carl Icahn revient à la charge et demande aux autorités financières l'autorisation d'acquérir 2,5 milliards de dollars d’actions. Mais surtout, il a conquis le ralliement d’actionnaires de poids : le fonds Third Point et ses quatre millions de titres, le magnat texan T. Boone Pickens et ses dix millions d'actions, et le fonds d'investissement Paulson & Co et ses 3,7 % du capital de Yahoo. Bref un ensemble de près de 12 % de Yahoo ! Et surtout, une assise permettant de nommer plusieurs administrateurs et de forcer Yahoo à accepter l'offre de Microsoft (qu’il l’a retiré).
Les dirigeants de Yahoo se montrent de plus en plus ouverts… Et ne s’attendaient apparemment pas à un tel assaut. Pourtant, ils devraient savoir qu’une valorisation reste une croyance très volatile… Sous la pression, la firme conduite par Jerry Yang a reporté son assemblée générale à fin juillet, contre le 3 juillet. Des propositions de candidats au conseil d’administration par d’autres actionnaires seraient à l’étude. Pour contrer celles de Carl Icahn. Le bras de fer se prépare pour un été très très chaud…

HP rachète EDS, et rattrape son rival IBM

Près de 14 milliards de dollars ! Une somme qui prouve manifestement l’intérêt d’HP pour Electronic Data Systems (EDS). Le constructeur/éditeur a proposé une offre supérieure de 32 % au titre le lundi 12 mai. L’acquisition du spécialiste de l’outsourcing ferait de HP un leader des services informatique juste derrière (et de peu) son concurrent IBM. Les négociations ont été officialisées par les deux sociétés après la clôture de la bourse de New York.
La digestion ne sera pas aisée. En effet, créée par Ross Perrot (ex-candidat à la présidence des États-Unis), EDS compte près de 140 000 salariés, tandis qu’HP en regroupe déjà 172 000. Un vrai défi pour les DRH des divers pays.

Anticiper les évolutions de marché
HP, suivant IBM, poursuivent leur stratégie de diversification. En effet, les constructeurs de serveurs anticipent les effets secondaires de la consolidation/concentration, de la virtualisation et de la multiplication des datacenters limitant l’explosion de serveurs, et ralentissant immanquablement la hausse des ventes, au moins à moyen terme.

Une offre très généreuse
Suite à son rachat de Price Waterhouse Coopers Consulting pour 3,5 milliards de dollars en 2002, IBM a créé son département Global Business Services (GBS). Réponse du berger à la bergère en 2008, HP annonce le rachat d’EDS, leader mondial de l’outsourcing et du service. Certes, l’investissement se révèle bien plus conséquent. Toutefois, EDS dispose d’une infrastructure (à lui ou contractuelle), et donc d’un actif, qui peut justifier en partie la surcote. Mais à ce point ? Lors de l’annonce, EDS était capitalisée à hauteur de près de 10 milliards de dollars, et affichait un chiffre d’affaires annuel de 22 milliards de dollars .

10 millions d’articles sur Wikipédia

Fin mars, la fondation wikimedia – dirigée par la Française Florence Devouard - annonçait recevoir 3 millions de dollars de la fondation Alfred P. Sloan. L’organisation caritative à but non lucratif a pour but d'encourager la croissance, le développement et la distribution de contenus libres et multilingues, comme Wikipédia. Et dans l’élan de cette annonce, l’encyclopédie participative en ligne annonçait son dix millionième article publié. Ces 10 millions d’articles en 250 langues sont prioritairement en anglais (2,3 millions d'articles), puis dans l’ordre en allemand, français, polonais, japonais, italien, portugais, espagnol et suédois.
L’encyclopédie source de révolutions ? Wikipédia donne des idées à Larousse, dans la lignée du projet Knol de Google. En revanche, il reste évident que Wikipédia préfère les dons aux publicités, et maintiendra l’accès gratuit à tous ces contenus. Quant aux autres…

Le format Office normalisé !

Cette fois c’est fait. Juste après le 1er avril, le format Office Open XML (OOXML) de Microsoft utilisé dans la suite Office 2007 a reçu la certification ISO/IEC. L’éditeur de Windows a dépassé le quota requis : moins de 25 % de votes négatifs internationaux à 14 %, et plus des deux tiers de votes positifs parmi les membres avec 75 %. Après un vote le 4 septembre 2007, le projet fut rejeté avec la mention « non avec commentaire ». Microsoft a donc répondu point par point. Alors, les votants pouvaient ou non revoir leur position suite aux explications. Le 29 mars, il faut croire que certains ont agi de la sorte.
Bonne nouvelle rassurante pour les opposants (pour de réelles raisons techniques et pas par obscurantisme anti-Microsoft peu constructif) que désormais l’éditeur ne peut plus modifier ce format comme il le souhaite, sous peine de perdre sa certification. Et l’enjeu reste de taille. En effet, les administrations et grandes entreprises semblent tenir de plus en plus à ce type de normalisation, qui s’il n’ouvre pas automatiquement les portes, peut les fermer par son absence. Olivier Peyrat, directeur général de l'AFNOR, a tenu à souligner fermement que la normalisation « n'est ni une guerre de religion, ni une guerre de tranchées ».

Aie-Phone : Apple tempère ses ambitions

Orange devait dépasser les 100 000 iPhone fin 2007, chiffre atteint seulement fin mars. Si 70 000 unités ont été vendues en décembre, seuls 20 000 ont trouvé acquéreur en janvier et 10 000 en février-mars. L’agonie se poursuit. Comment Orange pourra-t-il atteindre son objectif de 400.000 à 500.000 exemplaires venus fin 2008 ? La version 3G cet été suffira-t-elle ? Une baisse de prix pourrait-elle y changer quelque chose ?
On a entendu parler de promotions à 100 euros en Allemagne, et Apple a déjà renoncé à son modèle d’exclusivité de l’opérateur en Italie. Toutefois, Orange annonce que tout va très bien. « Elle est pas belle, la marquise ? » Des limites du marketing : si le rêve n’a pas de prix, il ne faut pas abuser sur l’addition ! Le consommateur perçoit alors trop clairement son cauchemar : modèle captif, technologie captive… le tout avec prélèvement automatique sur son compte bancaire. Ce n’est pas lui qui va croquer la pomme. Surtout que d’autres constructeurs arrivent avec des terminaux très bien finis et sans modèle captif. D’ailleurs, RIM, auquel on prédisait le pire suite à la sortie de l’iPhone (le marketing touche aussi analystes et journalistes), annonce que le Blackberry se vend très bien avec ses 14 millions d’utilisateurs. Mieux encore, destiné aux professionnels à l’origine, le Blackberry rencontre aujourd’hui un public supplémentaire dans le grand public.

Bye Bye XP ? Et bonjour Windows 7 ?

Dans la parution IT-expert de janvier 2008, nous évoquions le site savexp.com le site lancé par Infoworld. Fort d’une pétition en ligne, le site militant pour le maintient de Windows XP cherche à faire pression sur Microsoft. En effet, la commercialisation de l’OS sera stoppée le 30 juin 2008 (sauf ultraportables), la disponibilité du produit cessera le 31 janvier 2009, et ses mises à jour en avril 2009. Quant aux patches de sécurité, ils seront maintenus jusqu’en avril 2014 (5 ans de plus).
Et comme si ce frein à l’expansion de Vista ne suffisait pas, des indiscrétions sur des sites Web font mention du prochain Windows 7 (http://wepokers.blogspot.com/2008/05/microsoft-confirms-windows-7-for-2010.html), qui serait disponible en 2010. Une annonce publiée par Microsoft chercherait des développeurs pour améliorer la prise en charge du format Virtual Hard Disk au sein de Windows 7… Pour la discrétion, ils repasseront. À moins que…

Un an de délai supplémentaire pour SAP ByDesign

Fin avril, SAP annonçait qu’il reportait la sortie officielle de son service en ligne Business ByDesign de 12 à 18 mois. Pourtant, cette annonce avait plutôt séduit le marché et conforté les acteurs des applications en mode ASP ou en Saas (software as a service). D’autant plus que l’éditeur allemand proposait le tout en ligne très simplifié pour un ERP. Une audace plutôt bien accueillie. De plus, SAP prenait ainsi les devants pour se positionner sur ce créneau à destination d’un marché qu’il peine à pénétrer : les petites PME/PMI.
Certes, SAP pensait que cette solution allait accélérer sa croissance et conforter ses positions sur les petites entreprises, et annonçait même ses ambitions à hauteur d’un milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2010. Néanmoins, quelques dysfonctionnements ont poussé le géant européen à revoir sa copie. Effectivement, mieux vaut repousser que décevoir, car un échec initial marque pour longtemps ce type d’initiative.
Entièrement en ligne, Business ByDesign s’adresse aux entreprises de 100 à 500 personnes, avec une suite de modules ERP complémentaires : Finances, comptabilité, Ressources humaines, CRM, Supply Chain, gestion des fournisseurs, gestion de projets, gestion de la conformité, et Executive Management Support.

Qui va amener Alice au pays des merveilles ?

Fin avril, Télécom Italia étudiait les offres des prétendants à la reprise de sa filiale fournisseur d’accès Internet Alice. Les trois compétiteurs ne surprirent personne : Iliad (Free), Neuf Cegetel et Numéricable.
Les premières valorisations d’Alice s’étalaient entre 600 à 650 millions d’euros. Par la suite, il était plutôt question de 800 millions d’euros. Des sommes bien faibles pour l’opérateur italien qui tablait sur un minimum d’un milliard d’euros. Toutefois, bien qu’il ait annoncé 900 000 clients, le fournisseur d’accès n’en compterait que 800 000. De plus, ses finances se portent plutôt mal avec 75 millions d’euros de pertes au premier trimestre 2008. C’est pourquoi ces évaluations seraient plutôt justifiées.
Malgré tout, autant d’abonnés feraient le bonheur de tous les opérateurs nationaux. Neuf Cegetel (groupe SFR) a déjà racheté Club Internet et porterait ainsi son nombre d’abonnés à plus de 4 millions, contre 7,5 millions pour Orange. De son côté, Free deviendrait un excellent second fournisseur d’accès Internet, avec ses déjà plus de 3 millions de clients. Cependant, il investit déjà lourdement sur la fibre optique.
Enfin, Numéricable avait annoncé sa stratégie de rapprochement d’un fournisseur d’accès ADSL. Fin mai, on apprenait que ce dernier se montrait le plus généreux avec 780 millions d'euros, face aux 680 millions proposés par Neuf Cegetel et aux 600 millions de Free.

Fin du développement by Borland

En 2006, Borland séparait ses outils de gestion du cycle de vie des applications de ses solutions de développement. En regroupant ces dernières dans sa division CodeGear, l’éditeur souhaitait favoriser une revente qui n’eut jamais lieu. Aujourd’hui, Embarcadero Technologies se montre intéressé pour une offre d‘environ 23 millions de dollars. La transaction devrait être finalisée fin juin, et Borland conservera cependant ses clients CodeGear. La fin d’une époque !
Pourtant, les outils concernés ont fait les belles heures du client/serveur, d’Internet, et du développement rapide d’application. Aux côtés de l’environnement de développement Java JBuilder 2008 très apprécié, on trouve le SGBD Interbase et Blackfish SQL. Un peu égaré parmi ces solutions, 3drRail propose un environnement de programmation Ruby on Rails. Autre pilier de cette galerie, la solution de développement rapide d’application (RAD) Delphi 2007 for Win32 est encore très utilisé, avec ses variantes Delphi for .NET, Delphi for PHP et Delphi/400 ou Delphi/400 for PHP.
Spécialiste du C++, Borland avait également enrichi sa division CodeGear de C++Builder 2007.
De nombreuses légendes du développement, mais tout conserver semble dérisoire.

Forfait illimité = internet mobile plébiscité

Une étude menée Ipsos pour l'Association française du multimédia mobile en janvier affirme que le décollage de l’internet mobile est devenu une réalité. Environ 25 % des clients de mobile de 15 à 50 ans seraient mobinautes, la moitié se connecteraient à Internet au moins une fois par semaine et un quart au moins une fois par jour.
Et l’étude illustre un fait important : les forfaits mobilité illimités contribueraient à cette tendance en forte croissance. Selon l’étude, 50 % des souscripteurs d’un forfait débridé se connectent au moins une fois par jour et 85 % au moins une fois par semaine. En revanche, seulement 5 % des mobinautes ayant souscrit un forfait nécessitant de payer à chaque connexion se connectent au moins une fois par jour, et 34 % au moins une fois par semaine. CQFD. Et pourtant, l’illimité ne sature pas les réseaux mobiles, qui disposent pourtant d’une large marge.
Près de 3 mobinautes sur 5 déclarent avoir souscrit un forfait Internet mobilité illimité (30 %) ou limité (27 %), contre 1 sur 5 en 2006.
Autre frein dont il serait intéressant de mesurer l’impact : la lisibilité des offres. En effet, parfois le débit est illimité, mais pas le trafic. D’autres fois, c’est le contraire. Et depuis peu, de vrais forfaits illimités sont proposés : en temps et en trafic.