Explorer le sujet de la gestion des identités et des accès ou « Identity and Access Management », revient avant tout à s’interroger sur les relations des personnes physiques au Système d’Information. D’une part, les personnes peuvent représenter des objets de gestion pour certaines applications : par exemple, une application de Ressources humaines gère les salariés de l’entreprise. D’autre part, la notion d’individu est omniprésente dans le Système d’Information sous la forme des utilisateurs des ressources informatiques de l’entreprise : cette même application de Ressources humaines utilise les données de la personne pour authentifier, autoriser un accès partiel ou total, tracer ses actions, envoyer des messages scellés, voire confidentiels…
Gérer les identités du SI c’est donc fournir aux utilisateurs l’accès aux ressources qui leur sont nécessaires pour accomplir leur travail dans l’entreprise.
Cette problématique existe depuis les débuts de l’informatique : rien de bien neuf donc ! Alors, pourquoi ce sujet est-il toujours sous les feux de l’actualité en 2008, tandis que d’autres sujets qui avaient passionné la communauté informatique sont aujourd’hui tombés dans la commodité (réseaux, firewall, antivirus…) ?
Une partie de l’explication tient à ce que l’on a changé d’échelle dans la complexité. Aujourd’hui, presque toutes les personnes de l’entreprise sont concernées par l’outil informatique. En outre, de nouvelles populations utilisatrices apparaissent : partenaires, clients, prestataires… Parallèlement, les applications, hétérogènes et en plus grand nombre couvrent un spectre fonctionnel de plus en plus large.
Il est communément admis que la sécurité du Système d’Information s’appuie sur deux niveaux d’architecture :
Ces deux niveaux d’architecture sont évidemment très complémentaires. Pour autant, l’identité est une notion essentiellement utilisée dans le monde de la sécurité applicative. Ainsi, une application s’attachera généralement à :
Les services de sécurité remplissant ces objectifs s’appuient sur des mécanismes techniques qui utilisent intensément les données informatiques liées à une personne : identifiants, mots de passe, rôle métier, entité organisationnelle, site géographique d’appartenance, clé publique du certificat personnel, etc. Pour une personne, l’ensemble de ces données constitue, vu du Système d’Information, sa fiche d’identité.

La fiche d’identité est une notion logique, les données qui la constituent sont le plus souvent réparties sur différents référentiels et différentes applications : les référentiels de sécurité bien entendu, mais aussi les gestionnaires de ressources humaines, les outils de la direction de la communication, les moyens généraux, etc.
Comment parler d’identité ou de fiche d’identité dans le Système d’Information si l’on ne peut désigner chaque personne de l’entreprise de manière unique ? Dans notre vie quotidienne, nous utilisons un numéro de sécurité sociale qui nous est personnel et nous désigne de manière univoque auprès des Caisses Maladie et Retraite. De même, la plaque d’immatriculation repère notre véhicule. On peut parler alors d’identifiant unique. Cette notion, fondamentale dans notre vie de tous les jours, l’est tout autant dans le Système d’Information.

Cette histoire illustre l’intérêt pour une entreprise de posséder un Identifiant Unique Personnel (IUP). Un SI n’est pas monolithique : l’IUP assure de pouvoir rapprocher des informations sur une personne (en tant qu’utilisateur ou objet de gestion), provenant d’applications différentes. Dans un jargon « base de données », on peut dire que l’IUP sert de clé de jointure. À l’instar du numéro de sécurité sociale qui permet de rapprocher les cotisations maladies versées par un employeur, des remboursements de soins médicaux dont un employé bénéficie, les protagonistes de l’histoire précédente peuvent établir que le compte de Jérôme Durant dans « Moteurs » est jd1 (et non jd7 !).

Cette clé de jointure trouve bien évidemment sa place dans la fiche d’identité de la personne. Pour poursuivre la métaphore de la « base de données », on peut dire que l’IUP constitue la clé primaire de la fiche d’identité : il ne peut pas exister deux fiches d’identité avec le même IUP.
S’il est unique par nature, l’IUP se doit également d’être :
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![]() Bruno VINCENT, Architecte senior et expert en sécurité du SI ![]() Nicolas DEBAES, Architecte senior et expert en sécurité du SI ![]() Pierre PEZZIARDI, Directeur Technique Pour en savoir plus : l’ouvrage « Gestion des Identités : Une Politique pour le Système d’Information » (Editions OCTO Technology, ISBN 2952589518) s’attaque à la thématique de la gestion des identités et des accès en présentant pour chacune de ces problématiques le ou les patterns associés : - Référentiels et annuaires d’identité - Provisioning des ressources informatiques et physiques - Authentification nivelée (du mot de passe à la biométrie !), centralisée (Single Sign-On) ou fédérée (Liberty Alliance, ADFS…) - Habilitations et contrôle d’accès - Sécurité des échanges - Analyse des traces et imputabilité des actions - Etc. |



