Les systèmes d’informations actuels, quels que soient les publics concernés, grand public ou professionnels, intègrent de plus en plus souvent une représentation cartographique des informations. Pour le simple particulier, la représentation cartographique est utilisée bien sûr pour des plans d’accès aux sites des entreprises, mais de plus en plus pour faciliter la consultation d’informations diffusées sur le web. La représentation cartographique se généralise, car elle permet une navigation plus aisée dans l’information. Ainsi, les banques et grands magasins ou des théâtres permettent à un internaute de rechercher une agence précise en navigant sur une carte de France présente sur leur site Web. Cet usage qui tend à se généraliser a pour premier objet de représenter de manière graphique une information dite « géolocalisée » ou « géolocalisable ». Cette convergence entre le système d’information classique et système d’information géographique (SIG) est de plus en plus suivie par les professionnels pour leur système d’information.
Une information « géolocalisée » ou « géolocalisable » : qu’est-ce que c’est ? Sous ces termes réside une réalité : toute information peut très souvent être localisée de manière géographique. Qu’il s’agisse de l’adresse d’une puce RFID ou d’une balise GPS ou que cela concerne des objets aussi différents qu’une école, un théâtre, un arbre, un logement, un espace vert, une borne d’incendie, une citerne de pompier, etc. Finalement, quoi de plus évident qu’une information géolocalisée.
Dans les années 80, la mise en oeuvre des systèmes d’informations permettant d’acquérir, d’analyser, et de représenter des données géographiques était affaire de spécialistes ou d’experts cartographes des services géomatiques qui ont à leur actif la mise en oeuvre des premiers systèmes d’informations géographiques.
Depuis les années 2000, le SIG se démocratise et une convergence naturelle s’opère entre les services experts (géomatiques) et les services Études des DSI . Cette évolution se traduit par une évolution des intervenants : le SIG est de plus en plus l’affaire des SSII généralistes au détriment des sociétés d’experts.
Cette tendance au rapprochement se retrouve également dans la formation des ingénieurs. En effet, les cursus d’ingénieurs en informatique généraliste intègrent de manière progressive les compétences liées à la mise en oeuvre des systèmes d’informations géographiques tandis que les formations des cartographes (écoles de géomatique) évoluent en intégrant un volume croissant d’informatique « classique ». Ainsi, ces cursus spécialisés ne se limitent plus à une formation aux produits desktop (client lourd) et au développement de boîtes à outils. Il est courant de trouver une initiation aux bases de données et aux langages de programmation orientés publication WEB.
Le plus bel exemple de cette démocratisation est la création d’applications composites (mashup) avec Google Maps : http://googlemapsmania.blogspot.com/

Un système d’information géographique se définit comme un système d’information auquel est ajoutée une capacité de stocker des types de données et primitives géométriques. En outre, il faut ajouter une capacité d’importer, manipuler, interroger, analyser, afficher et extraire ces données. Le stockage de ces données peut se faire a minima au moyen d’un ensemble de fichiers (fichiers de forme structurée) et de manière plus classique en ajoutant à un SGBD du marché une cartouche spatiale. Ainsi, Oracle, PosgreSQL, MySQL, SQL Server disposent à présent et bientôt de manière native de ces types de données. Les fonctions de gestion de ces données sont ensuite assurées par des outils « desktop » ou par des serveurs d’applications cartographiques qui permettent de diffuser entre autres des Web Services cartographiques (Web Map Service ou Web Feature Service) à destination de client léger ou riche (Rich Internet Application). Les données homogènes en termes de type géométrique et de symbologie sont appelées des couches. Et ces couches assemblées les unes avec les autres permettent de construire une carte : « La réalité est découpée en couches ».

Un SIG est donc un système informatique permettant, à partir de diverses sources, de rassembler et d’organiser, de gérer, d’analyser et de combiner, d’élaborer et de présenter des informations localisées géographiquement, contribuant notamment à la gestion de l’espace.
Certaines couches constituent les couches de base dites « de fond de plan » du SIG sur lequel viennent se greffer les données métiers des sociétés utilisatrices.
Les couches de données les plus courantes sont :
Les logiciels de base des SIG peuvent être :
Les grands éditeurs du marché français et mondial s’articulent autour des sociétés Esri, Autodesk, Geoconcept. Fondée en Californie en 1969 par Jack Dangermond, ESRI était à l’origine un Institut de Recherche sur les Systèmes d’Environnement. Cet organisme à but non lucratif visait à organiser et analyser l’information géographique. Devenue une société privée, ESRI fournit une gamme très complète de logiciels depuis une suite bureautique jusqu’au serveur SIG. Autodesk, connu des dessinateurs pour son produit Autocad, est passé d’une offre très spécialisée à une offre logicielle complète. En particulier, elle s’est ouverte au SIG avec son produit desktop Map pour la gestion des données tandis que sur la publication, elle a une approche très originale qui mixte une offre payante Mapguide Enterprise et sa version open source Mapguide.

En effet, le phénomène open source existe aussi sur le SIG, et d’importantes communautés Map Server et Geo Server tirent partie de la réalisation des spécifications de l’Open Gis Consortium pour évoluer rapidement. Elles arrivent aujourd’hui à maturité et permettent de répondre à une palette de besoin orientée sur la consommation de services web cartographiques.

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Philippe Benmoussa, Chef de projet et animateur du centre de compétences SIG Christophe Chalas, Chef de projet - Expert SIG ![]() Philippe Benmoussa anime le centre de compétences SIG au sein de Sopra Group. Avec Christophe Chalas, ils sont deux experts SIG qui depuis plusieurs années, interviennent sur des projets SIG tant en accompagnement des clients pour exprimer un besoin, choisir une solution que pour piloter des projets. |



