L’adéquation des Systèmes d’Information aux métiers des entreprises suppose l’alignement des processus IT (Information Technology) pour assurer le respect des délais de mise sur le marché (Time To Market) permettant le développement du chiffre d’affaires, le maintien de l’avantage concurrentiel, et la satisfaction des Maîtrise d’Ouvrage. Cela signifie également le bon fonctionnement en production des applications mises à disposition des utilisateurs, ainsi que la réduction des coûts de support et d’évolution de ces applications.
L’enjeu majeur des DSI est la mise à disposition des applications en production en respectant des délais de plus en plus courts, dans la limite des budgets définis préalablement et avec la qualité escomptée : c'est-à-dire le respect des exigences en terme de conformité et de disponibilité fonctionnelle, d’absence de bug, de stabilité en fonctionnement et de performance.

La vérification de l’atteinte de ces objectifs est du ressort des activités de Qualification, de Recette et de préparation des Mises en Production (Q, R et MeP).
Malheureusement, ces activités sont souvent positionnées dans une « zone d’ombre » qui ne permet pas une vérification tout au long du cycle de vie des applications. En effet, un nombre important d’entreprises appréhendent encore les activités de tests comme une étape ponctuelle compressée entre la fin de la phase de développement et le début de la phase de mise en production.
Dans un tel contexte, la garantie des objectifs fixés devient illusoire. En témoigne l’analyse du Gartner qui montre que 40 % des incidents survenant sur les patrimoines applicatifs sont dus à des défauts sur les applications elles-mêmes, les 60 % autres sources de pannes provenant des opérateurs ou du matériel.
Pour améliorer la qualité des applications mises en production, il est indispensable de repenser les responsabilités tout au long du cycle de vie. La mise en place d’un processus transversal de tests1 allant de la gestion des exigences à la mise en production apporte cette clarté dans les rôles et les responsabilités.
Par ailleurs, les DSI sont face à des enjeux d’optimisation de leurs coûts. L’industrialisation de la fonction informatique a d’abord touché les phases amont et aval du cycle de mise en oeuvre d’une application (Développement et Production), les activités de qualification, recette et mise en production doivent évoluer à leur tour rapidement.
En France, l’industrialisation et l’externalisation de ces activités sont restées longtemps en retrait. On note d’ailleurs un certain retard accumulé en comparaison avec d’autres pays européens, qui ont d’ores et déjà professionnalisé le métier du test. Malgré une certaine effervescence récente sur le marché français, la situation est très diversifiée au sein des entreprises.
Les entreprises les plus matures en la matière ont pris conscience de l’importance de l’industrialisation des processus de tests et de mise en production. Elles l’ont même positionnée en priorité dans les investissements informatiques, avec un engagement stratégique à tous les niveaux de l’entreprise (DG, MOA, DSI, etc.). On constate par exemple les retours d’investissement lors de la mise en place des solutions industrielles sous forme de Tierce Recette Applicative ou de Centre d’Intégration et de Qualification à l’occasion d’un programme de transformation ou d’une Cellule Transverse, généralement au niveau de l’entité « Qualité, Normes & Méthodes ».
L’industrialisation permet non seulement la réduction des coûts, mais participe également à l’acquisition d’avantages compétitifs en contribuant à la création de la valeur.
Les délais de mise à disposition des applications devenant de plus en plus critiques, les entreprises doivent mettre en place une stratégie d’industrialisation des activités de qualification, de recette et de préparation à la mise en production. Deux types d’enjeux s’imposent aux entreprises.
D’une part, les enjeux au niveau DSI, à savoir le respect / réduction des délais, la maîtrise budgétaire, la réduction des coûts, la ré-affectation des ressources internes sur des projets à plus forte valeur ajoutée et la prise en compte rapide des demandes d’évolutions du SI (Agilité). Les activités représentent entre 30 à 40 % du Coût Total des Projets, et constituent un gisement de réduction des coûts.
D’autre part, les enjeux pour le Système d’Information, c'est-à-dire assurer la qualité des livrables par la mise en oeuvre de développements orientés tests ou Development Test Driven : tester dès les phases amont (exigences), définir pour chaque application une stratégie de tests permettant la mise en oeuvre de tests pertinents et complémentaires adaptés aux différentes phases et la vérification aval. La garantie de la disponibilité et du bon fonctionnement des applications en production sur des plages horaires étendues, ainsi que l’automatisation et la capitalisation (amont et aval) complètent les enjeux pour le SI.
L’industrialisation consiste à mettre en oeuvre une organisation au confluent de la MOA, de la MOE Développement et de la Production, c'est-à-dire la mise en oeuvre des relations de type Client / Fournisseur avec toutes parties concernées et un Guichet Unique pour le traitement des demandes. Les activités sont modélisées à travers la définition d’un catalogue de service. Ce Catalogue est associé à une convention de services (SLA permettant la mesure de la qualité), ainsi qu’à un catalogue d’unités d’oeuvres (les UO valorisées initialement permettant la mesure de la Productivité dans le temps).
Parallèlement, sont mis en oeuvre l’outillage des processus, ainsi que les méthodologies et les meilleures pratiques (R2BT2 - Requirement and Risk Based Testing, conformité par rapport à un standard). Enfin, un modèle opérationnel de type Front Office - Back Office est implémenté permettant d’adapter progressivement la localisation des services (sans rupture dans la fourniture de ces services). Dans le Front Office sont localisés les services nécessitant la proximité du client, les autres services sont en Back Office.

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Mohamed Bedouani, TAM & AM Business Solutions Manager ![]() Thierry Lallemand, Architecte Shared Service Center Pascal Cogoluègnes, Directeur de l’Industrialisation SI France ![]() Atos Origin est l’un des principaux acteurs internationaux du secteur des services informatiques. Sa mission est de traduire la vision stratégique de ses clients en résultats par une meilleure utilisation de solutions de Conseil, Intégration de Systèmes et Infogérance. Atos Origin réalise un chiffre d’affaires annuel de 5,8 milliards d’euros et emploie 50 000 personnes dans le monde. Atos Origin est le partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques et le Groupe compte parmi ses clients de grands comptes internationaux dans tous les secteurs d’activité. |



