Sous le mot clé « Eclipse » se cachent de nombreux aspects. À l’origine, Eclipse est surtout connu pour être un environnement de développement Java (IDE Java pour integrated development environment). Cependant, Eclipse a beaucoup évolué, et même si les idées originelles motivant sa création ont pu être mises en oeuvre. Au départ, l’objectif d’Eclipse consistait à créer une plateforme extensible, une sorte de « coquille vide que l’on peut remplir facilement ». Et l’environnement de développement Java a eu valeur de « preuve de faisabilité » et d’exemple d’application. Très rapidement, de nombreux développeurs ont adopté Eclipse, en laissant de côté leur ancien IDE Java. En particulier, JBuilder longtemps leader s’est vu rattrapé puis doublé par Eclipse. Pour l’anecdote, Borland, éditeur de JBuilder, a migré son IDE sous la plateforme Eclipse et participe désormais activement au développement de la plateforme. Aujourd’hui, Eclipse est à la fois une plateforme d’accueil de plug-ins et une fondation gérant plusieurs projets OpenSource.
Ainsi, Eclipse couvre plusieurs domaines d’application et s’adresse à plusieurs types d’utilisateurs. Par exemple, un certain paramétrage d’Eclipse (c’est-à-dire l’adjonction de certains plug-ins) va permettre à un développeur de coder une application Web. Un autre paramétrage permettra à un architecte de modéliser une application. Un autre paramétrage encore permettra à un chef de projet de gérer son avancement ou enfin, autorisera un manager à suivre les statistiques concernant l’avancement de ses projets.
Parallèlement, Eclipse est une fondation qui gère la plateforme et les plug-ins majeurs. Elle a l’effet d’un catalyseur pour une communauté grandissante de participants : on parle d’écosystème. En effet, on s’aperçoit qu’en plus de bénéficier des avancées techniques « extérieures », Eclipse s’autoalimente : les uns offrent des possibilités dont les autres bénéficient et réciproquement. C’est d’ailleurs souvent le but des participants : « offrir un peu » et « recevoir beaucoup ». La fondation a un but de gestionnaire et de coordinateur des intervenants et des projets qu’elle héberge.
L’organisation Eclipse est née en 2001 avec IBM au centre de l’initiative. Les prémisses d’Eclipse apparaissent déjà en 1998 quand IBM, à qui l’on reproche de publier des outils sans unité, décide de créer une plateforme sur laquelle baser tous ses applicatifs et permettant de minimiser la duplication des éléments d’infrastructure. Ainsi, IBM voulait avoir la souplesse de développer des outils différents tout en facilitant l’intégration des uns avec les autres.
On l’a dit, on connaît surtout Eclipse en tant qu’IDE Java, cela prend tout son sens quand on se rappelle la devise à l’époque : « come for the Java IDE, stay for the platform » (Venez [à Eclipse] pour l’environnement de développement Java, restez pour la plateforme). En effet, il ne faut pas perdre de vue qu’Eclipse est un agrégateur de fonctions ; son credo pourrait être « être adapté à tous et s’adapter à chacun ». L’objectif consiste à avoir une application aux très nombreuses fonctions, tout en permettant à chaque corps de métiers de se focaliser sur la résolution de sa propre problématique.
Le schéma suivant montre comment l’arrivée d’Eclipse s’est matérialisée chez IBM : à partir d’une base commune, on adresse plusieurs finalités totalement disjointes. Cet exemple est parfaitement représentatif du large domaine d’application permis par Eclipse.
Le but de la plateforme était aussi d’être le plus portable possible. Ainsi, Eclipse fonctionne sous tous les systèmes d’exploitation majeurs (Windows, Linux, Solaris…) tout en s’adaptant à leurs Look and Feel respectifs (c’est-à-dire, au contraire de Swing, l’apparence des applications développées sous Eclipse se fond parfaitement dans l’environnement cible). Un atout majeur pour la prise en main des applications par les utilisateurs et favorisant leur adoption, tout en réduisant les besoins en formation.
Concernant le nom même d’Eclipse, les avis divergents. Certains, poétiques, avancent qu’Eclipse est né pour éclipser Sun. D’autres, plus pragmatiques, affirment qu’il s’agissait surtout d’éclipser Visual Studio.
C’est en tout cas en 2001 qu’IBM décide de publier la plateforme en OpenSource pour attirer d’autres entreprises pour participer à son développement. Afin de faire taire les mauvaises langues martelant qu’IBM souhaite rester le seul maître à bord, l’organisation devient une fondation à but non lucratif en 2004. L’intérêt de ce passage est d’ouvrir la plateforme à un plus large panel d’acteurs et ainsi de dynamiser son évolution. En effet, à partir de ce jour, des types variés d’acteurs peuvent participer et apporter leur pierre à l’édifice en termes d’innovation, interopérabilité et réutilisabilité.
Avec cette transition est apparu un nouveau type de licence : Eclipse Public License. Les termes de l’EPL sont très proches de ceux de la CPL. Tous les projets de la fondation sont distribués sous cette licence. Cela implique entre autres que l’on peut commercialiser des produits basés sur ces projets et que, si on modifie le code de l’un des projets, on doit redistribuer cette modification. Cela permet d’assurer l’activité et le dynamisme de la communauté grâce aux contributions extérieures tout en offrant une souplesse commerciale.
À l’époque, la fondation comptait 7 membres stratégiques et gérait 19 projets. Depuis, la fondation a grandi et comprend aujourd’hui 23 membres stratégiques (et plus de 200 membres actifs) et 60 projets OpenSource.
L’effet catalyseur de l’écosystème a fait ses preuves et la communauté continue de grandir.
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![]() Mathieu Lombard, Business Consultant, Practice ACS Guilhem Delebecque, Architecte - Urbaniste
![]() Acteur majeur du conseil et des services informatiques en Europe, Sopra Group propose l’ensemble des prestations nécessaires aux entreprises pour faire évoluer leurs organisations et leurs systèmes d’information. Sopra Group compte aujourd’hui plus de 12 000 collaborateurs. Son positionnement est global, depuis la réflexion stratégique en amont des projets dans une approche de direction générale, jusqu’à la conduite de grands projets d’intégration de systèmes et à l’outsourcing applicatif. Le Groupe poursuit, par ailleurs, le déploiement mondial de son activité d’intégration d’applications et de gestion des processus métiers à travers sa filiale Axway, avec une gamme complète de solutions et de services. |



