Centralisé versus décentralisé… Connecté versus déconnecté… Des concepts réputés antagonistes qui animent depuis des années les discussions entre professionnels de l’informatique… L’enjeu est en effet de taille : miser sur le modèle qui offre le meilleur compromis entre usages et gestion. Illustration au travers des solutions collaboratives Microsoft.
Les architectures centralisées sont facilement perçues, car elles apportent incontestablement de nombreux avantages.
Des économies d’échelle
La centralisation offre des possibilités de concentration et de mutualisation de ressources. Par ressources, on entend aussi bien les ressources humaines (administrateurs, techniciens), matérielles (salles normées, climatisation, protection incendie, sécurité physique, éléments de redondance…) que proprement informatiques (équipements et logiciels de sécurité, de communication réseau, de gestion, capacité de stockage, de calcul, d’archivage…). Ce partage engendre naturellement une meilleure rentabilité des investissements de base. Il constitue également un accélérateur financier et organisationnel quand une évolution – installation d’un nouveau composant logiciel ou matériel – devient nécessaire, tout en bénéficiant des éléments déjà en place. Le recours à la virtualisation massive au sein de centres d’hébergement et à des systèmes de stockage SAN vont également dans ce sens.
Une information exhaustive et pertinente
La centralisation joue également un rôle important dans la constitution et l’enrichissement du patrimoine des connaissances de l’entreprise. Ainsi, elle facilite l’indexation des contenus et donc augmente la pertinence des résultats de recherche. Si la quantité incarne parfois un frein à une exploitation aisée de l’information, elle constitue pour autant un critère prédominant dans la vérification d’un résultat (consolidation de résultats concordants) et dans la détection de tendances (tableaux de bord).
Accessibilité et sécurité simplifiées
Des ressources centralisées favorisent l’accessibilité à l’information. La définition des politiques de sécurité (dont les droits d’accès) est simplifiée, car elle s’appuie sur un référentiel unique, consultable en temps réel.
L’unicité de l’information
Autre avantage, la centralisation facilite la mise sur pied d’un référentiel global, garantissant l’unicité de l’information et simplifiant les contrôles d’intégrité et les approches transactionnelles. En effet, les ressources étant locales, les vérifications techniques (versions, unicité de clé, cohérence globale, etc.) peuvent être effectuées en temps réel.
Si les avantages sont nombreux, la centralisation souffre également de quelques effets de bords. Ainsi, les économies d’échelles n’ont parfois aucun sens si elles engendrent une dégradation de qualité de service pour l’utilisateur final. Par exemple, pourquoi héberger une application à Paris si elle est exclusivement utilisée pour des équipes distribuées en Asie ?
De même, l’unicité de l’information et la normalisation qui l’accompagne ne doivent pas remettre en question la gestion de documents temporaires, de révisions, de brouillons… mais plutôt intégrer une souplesse pour gérer « l’imprévu ». Enfin, l’accessibilité à l’information pour les populations nomades, si elle peut être fournie par des solutions basées sur la téléphonie mobile (Blackberry, IP hone), n’est toutefois pas optimale : débit disponible limité, capacité de traitement limitée, temps de saisie, temps de latence, difficulté de sécurisation des échanges…
L’approche centralisée est également confrontée à de nouvelles problématiques devant être impérativement adressées pour répondre aux besoins des activités de l’entreprise. En effet, force est de constater que les entreprises fonctionnent de façon de plus en plus ouverte, de plus en plus « agile » : leurs collaborateurs dispersés au sein de multiples sites géographiques doivent souvent travailler en situation de mobilité, et parfois en situation dite « austère ». Les projets sont menés de plus en plus sous forme de consortiums, de pôles, d’équipes d’expertise… En outre, les relations entre clients et fournisseurs sont de plus en plus intégrées et sans pour autant être systématiquement régies par des processus informatiques formalisés.
L’actualité nous démontre également à quel point les entreprises doivent être aujourd’hui en mesure de repenser les méthodes de travail de leurs salariés pour répondre à de nouvelles contraintes ou directives. Ainsi, le télétravail, qu’il soit motivé par des raisons sanitaires, des considérations sociales ou environnementales, engendre de lourdes conséquences pour le système d’information centralisé. Dans ce contexte, le SI doit s’adapter rapidement pour répondre à ces nouveaux besoins, tout en préservant au maximum la qualité de service et la sécurisation.
Dans le cas de filiales ou d’agences réparties géographiquement, cela nécessite par exemple un dimensionnement précis de la bande passante et une architecture adaptée (extranet ou intranet étendu, « VPN s », authentification forte, identités numériques, centres délocalisés…). Dans le cas de salariés mobiles, cela nécessite de pouvoir assurer la continuité de connexion ou de disposer de procédures de reprise automatique de session afin de ne pas pénaliser l’utilisateur dans ses usages quotidiens.
Quel que soit le besoin, il faut retenir qu’une incapacité à y répondre rapidement et efficacement engendre un risque immédiat de perte de contrôle de l’information pour l’entreprise : les salariés cherchent par eux même à s’équiper et peuvent – parfois inconsciemment – faire des choix « indélicats » aux conséquences parfois lourdes pour l’entreprise (exemple : recours à des services disponibles sur Internet, sans garantie de confidentialité ou de sécurité).
Les architectures centralisées doivent donc être en mesure d’offrir une grande souplesse d’ouverture, ce qui, nativement, il faut le reconnaitre, constitue le plus souvent l’une de leur faiblesse.
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![]() Jean-Michel DAVAULT ![]() Fabrice BARBIN Jean-Michel DAVAULT et Fabrice BARBIN sont les fondateurs de la société HOMMES & PROCESS, spécialisée dans le travail collaboratif sécurisé et distribué. |



