Les activités de qualification fonctionnelle sont une composante essentielle de l’assurance qualité du système d’information. Après avoir été longtemps le parent pauvre du développement informatique, le test connaît actuellement une véritable révolution fondée sur une industrialisation de ses processus, une professionnalisation des métiers du test, l’arrivée à maturité d’une chaîne outillée allant des exigences au référentiel de tests, et enfin la mise en place de centres de service, internes ou externes, dédiés aux activités de test.
Toutes les études réalisées, tant par les analystes ou au niveau académique convergent : le coût de traitement d’une anomalie, selon sa détection en phase de qualification logicielle ou après la mise en production, peut aller d’un rapport de 1 à 1 000.
La figure 1 illustre cette réalité. Une anomalie détectée sur le terrain, lorsque l’application est en exploitation, implique de lourds processus d’analyse, de correction, de patchs spécifiques ou généraux et de livraison. À cela s’ajoute la dégradation d’image, ou même la perte de revenu, par exemple pour un site de vente en ligne. Un phénomène encore accentué par l’aversion croissante des utilisateurs envers les anomalies : les multiples dysfonctionnements d’une application ou le non-respect des exigences métier deviennent insupportables. Pour l’utilisateur, la qualité n’est plus négociable.
On a aujourd’hui une idée assez précise de l’origine des anomalies. Comme l’illustre la Figure 2, issue d’une étude parue dans Crosstalk, the Journal of Defense Software Engineering, sur la répartition des anomalies selon leur origine, la mauvaise prise en compte des exigences métier constitue une source importante d’anomalies sur le système d’information. Pas de surprise : on sait bien à quel point il est difficile sur le terrain de prendre en compte des référentiels d’exigences métier complexes, évolutifs, et pour souvent peu formalisés.
Ce type d’anomalies, issues d’une mauvaise implémentation des exigences fonctionnelles, sera principalement détecté en phase de qualification fonctionnelle, c’est-à-dire lors des phases de test visant à vérifier la bonne implémentation métier. La qualité ne se résume pas au test et doit irriguer tout le processus de production et la phase de qualification fonctionnelle. Ceci constitue une étape clé pour assurer la bonne adéquation aux exigences métier et limiter les anomalies graves se produisant en exploitation.
Ainsi, la performance des phases de test fonctionnel constitue un enjeu essentiel des DSI , des grands intégrateurs et, plus globalement, des différents acteurs de l’IT . Ces phases de tests fonctionnels doivent assurer une couverture complète des exigences métier afin de maximiser leur impact en termes de détection d’anomalies.
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Bruno Legeard, Directeur technique Smartesting ![]() Fabrice Bouquet, Professeur à l’Université de Franche-Comté Fondée en 2003, Smartesting est une société spécialisée dans l’industrialisation du test fonctionnel. Elle est présente en Europe et en Inde auprès des grands comptes et des intégrateurs pour fournir des solutions de génération de tests visant l’optimisation des centres de test. La solution Smartesting Center est intégrée avec les offres standards du marché telles que HP Quality Center, IBM Rational Quality Manager, ou des solutions open-source telles que TestLink. Fabrice pilote les activités de Recherche dans le domaine du test au Laboratoire d’Informatique de l’Université de Franche-Comté, et au sein du projet INRIA Cassis. Les travaux sur le test ont démarré en 1999, et porte sur le développement de techniques, méthodes et outils de génération de tests à partir de modèles des exigences métier. |



