10 années ! C’est ce qu’il aura fallu pour faire entrer dans le vocabulaire commun de l’informatique l’acronyme ALM pour Application Lifecycle Management, ou gestion du cycle de vie des applications. Les années 1999 et 2000 ayant consommé une bonne partie des ressources et moyens informatiques pour pallier les éventuels « bugs de l’an 2000 », c’est à partir de 2000/2001 que le monde du développement logiciel a pris en compte de nombreux chantiers sensés innover ou améliorer les techniques de développement traditionnelles. Et ce, à une échelle industrielle.
Le monde informatique vit donc depuis à un rythme soutenu, ponctué d’avancées technologiques, aussi bien du côté infrastructures que du côté solutions de développement : 2002 marque la percée des méthodologies de développement, 2004 impose les principes de gouvernance du S.I. En 2005, les principes de l’ALM sont plus largement acceptés par le marché.
À la fin de cette même année, un changement durable s’installe dans les entreprises : le métier s’approprie l’IT, propulsant sur le devant de la scène des métiers moins connus jusqu’alors tels que celui d’architecte. Même si les avancées technologiques continuent (la virtualisation par exemple), le point le plus marquant des années 2008 et 2009 aura été le grand changement de l’IT, sa modification en profondeur pour se mettre enfin au service des métiers de l’entreprise.
2010 marque l’entrée de l’IT dans une phase collaborative, dans des entreprises maitrisant de mieux en mieux leurs processus métiers et pour lesquelles les logiciels pilotent de plus en plus le « business ». Pressions métiers et pressions technologiques : le Système d’information est mis à rude épreuve et impose donc à l’industrie du développement logiciel de constantes mutations et améliorations.
L’ALM est-il pour autant un processus métier fondamental de l’entreprise ? Quelles connexions existe-t-il entre ALM et stratégie métier ?
L’un des premiers objectifs de la stratégie métier de l’entreprise vise à créer puis valoriser un avantage compétitif sur le marché : l’entreprise cherche à être différente. D’autre part, toutes les stratégies métiers embarquent virtuellement une composante IT qui s’appuie généralement sur des applications et développements spécifiques. On comprend donc aisément que disposer d’une informatique supportant les visées stratégiques s’avère primordial pour toute entreprise désirant innover. Elle cherche alors à se doter d’une informatique stratégique, à même de comprendre les enjeux métiers, mais aussi capable d’anticiper les tendances à venir du marché.
La fenêtre de différenciation durant laquelle l’entreprise dispose d’un avantage compétitif est courte et très en amont du cycle de vie de ses produits ou services. D’où la nécessité de disposer d’une informatique stratégique, à même d’accompagner et même d’anticiper les innovations que va proposer l’entreprise. Développer rapidement et efficacement des logiciels ou services répondants à ces besoins et s’assurer qu’ils seront aisément gérables et modifiables, voilà les principaux challenges du développement des applications. Toujours cette même quête de l’agilité…
La stratégie métier impose d’être différent de ses concurrents. Cela se traduit par des investissements IT stratégiques, et souvent par des développements spécifiques. Et c’est précisément ici que l’ALM entre en jeu. Disposer d’une vraie filière ALM est essentiel pour créer de la valeur stratégique.
Les différentes plateformes applicatives du marché et leurs offres respectives en outils de développement s’étoffent désormais de concepts ou principes assez clairement définis, visant à couvrir des thèmes tels que : productivité, qualité, collaboration, intégration, coûts, flexibilité… Cette liste non exhaustive prouve combien la notion d’ALM se positionne à un niveau élevé dans les fondamentaux de l’entreprise, et combien la frontière dépasse largement les seuls critères de développement des applications.
Tout projet informatique (ou autre) nait d’une idée… sensée répondre à un besoin. Le cycle de vie des applications couvre toute la période durant laquelle une entreprise ou organisation engage des moyens et des ressources, que ces moyens soient financiers ou humains, de cette idée de départ jusqu’à la fin de vie de l’application associée.
On distingue trois grands piliers dans l’ALM:
La partie SDLC est la mieux identifiée à ce jour : elle regroupe toutes les phases qui ponctuent le développement du logiciel (gestion de projet, gestion des tests et plan de test, modélisation, gestion des exigences, intégration continue, etc.). Son objectif consistant à optimiser le processus de bout en bout (on parle souvent d’industrialisation du développement). Par ailleurs, l’évolution des outils de développement a aussi subi de profondes mutations. L’industrie est passée des compilateurs et éditeurs des années 70/80, aux IDE (Integrated Development Environment) des années 80/90, pour arriver aux plateformes de développement en équipes contemporaines.
En fait, l’ALM est elle-même un processus métier critique de l’entreprise, un de ceux qui supporte les nombreux autres processus métiers. Toute organisation développant des logiciels devrait considérer l’ALM comme un processus métier aussi important que ses autres processus métiers critiques. En effet, être meilleur dans son processus de création logiciel procure forcément un avantage compétitif.
Partager |
|
|
François Merand ![]() |



