Les projets visant à dématérialiser la gestion des documents et des processus métiers deviennent de plus en plus fréquents dans les entreprises. Les motivations sont multiples : faciliter le travail collaboratif, le partage et la circulation des informations ou documents, réduire les coûts, améliorer la productivité et le pilotage des processus métiers, ou encore assurer une traçabilité de bout en bout des tâches effectuées, en vue de respecter les réglementations.
Quels paramètres prendre à compte avant de se lancer dans un projet d’automatisation des processus métiers, afin d’en garantir le succès et son évolutivité dans le temps ? Quelles sont les limites des développements spécifiques ? Dans quelles situations est-il préférable de capitaliser sur l’expertise de solutions de Business Process Management intégrées ?
La plupart des processus métier informatisés de l’entreprise s’effectue essentiellement au travers de multiples interactions entre les utilisateurs et les systèmes d’information de l’entreprise. Toute la valeur ajoutée des solutions de BPM réside dans leur capacité à distribuer et orchestrer les tâches de plusieurs individus autour d’un document, d’une succession d’actions, de la résolution d’un problème client, etc.
Un second facteur de complexité se superpose à cette orchestration : la variété des finalités. En effet, les processus humains peuvent être classés en trois catégories : les processus d’approbation, de collaboration structurée et de gestion des événements ou exceptions. La catégorie des processus d’approbation est illustrée par les workflows documentaires (docflows), lesquels orchestrent l’intervention des utilisateurs autour d’un document qui doit être publié, en interne ou à l’externe. Seconde catégorie, les processus de collaboration structurée permettent d’organiser les interventions successives ou conjointes d’un grand nombre de personnes ; par exemple, pour traduire une notice technique sensible en plusieurs langues.
Enfin, la famille des processus humains s’intéresse à la gestion des exceptions, au reporting et aux mécanismes de contrôle.
Dans la réalité, les frontières entre les différentes catégories de processus humains ne sont évidemment pas aussi tranchées. Aussi spécifique soit-il, aussi réduit que soit son périmètre, un processus métier n’est en effet jamais isolé. Il participe nécessairement à l’accomplissement d’une stratégie d’entreprise, lorsqu’il n’est pas lui-même l’une des étapes d’un autre processus métier plus général. Selon son caractère critique pour l’activité de l’entreprise ou son image, un processus de validation de documents nécessitera la mise en oeuvre de processus connexes, tels que la redistribution automatisée des demandes de validation en cas d’indisponibilité d’un collaborateur clé. Par définition ou par nature, un processus humain automatisé ne peut être que le reflet exact de l’activité humaine en entreprise, constituée d’un maillage complexe de communications et d’interactions qui ne sont pas toujours formalisées ni envisagées dans leur ensemble. Bref : dans tout projet BPM, la difficulté pour l’entreprise consiste ainsi à prévoir tous les cas de figure.
Avant de se lancer, il est donc indispensable de réaliser une analyse des besoins. Il s’agit d’abord de définir le périmètre d’utilisation envisagé : groupe de travail, service ou direction opérationnelle tout entière, par exemple. Il est nécessaire ensuite de mesurer la capacité globale de l’entreprise à formaliser sous une forme communicable ses connaissances métiers, à développer des savoir-faire ou des procédures reproductibles, à cadrer l’usage et la diffusion des technologies auprès de ses utilisateurs, etc. Ensuite, il lui faudra évaluer le niveau de complexité, le degré de criticité et d’intégration au système d’information des processus à automatiser.
Enfin, les responsables devront identifier les fonctionnalités de gestion, de contrôle et de traçabilité jugées indispensables par les utilisateurs métiers et par la direction informatique. Cette analyse permettra notamment de déterminer à partir de quel niveau de complexité des processus il est plus rentable de mettre en oeuvre une solution intégrée de gestion des processus.
Une fois l’analyse du besoin réalisée, la première problématique à prendre en compte est le facteur temps. Non seulement les besoins de gestion des processus métier sont susceptibles d’évoluer avec l’organisation de l’entreprise ; mais surtout, ils s’inscrivent dans une dynamique d’évolution intrinsèque. Ainsi, avec l’expérience, l’entreprise découvre que le processus de validation de documents mis en place peut être amélioré pour être plus efficace, ou qu’il nécessite des sous-processus de contrôle, de gestion des exceptions, de collaboration structurée, etc. Bien souvent, ces besoins n’apparaissent qu’à l’usage et sous la forme d’un dysfonctionnement du processus initial. Par exemple, c’est au moment où l’absence d’un collaborateur clé bloque un processus de validation que l’entreprise découvre qu’elle ne dispose pas de procédure définie de ré-attribution des tâches ou de gestion de la présence.
Un projet d’informatisation des processus métiers doit s’envisager dans sa globalité et son évolutivité dans le temps. Avant de se lancer, il est donc indispensable de pouvoir répondre aux questions suivantes :
La modélisation du processus
Le cycle de vie du processus et sa gestion quotidienne
Le reporting et l’optimisation du processus
Encore faut-il avoir la capacité à détecter le dysfonctionnement du processus, en disposant sous une forme ou une autre d’un tableau de bord permettant d’identifier l’étape qui pose problème et d’adopter une stratégie de repli (sous-processus de gestion d’exception, bascule sur une procédure manuelle, etc.).
Seconde problématique clé du BPM, le besoin de traçabilité est d’autant plus aigu qu’il s’agit de processus humains. C’est-à-dire de processus sur l’exécution desquels les individus, responsables de projets, de services ou de groupes de travail, doivent nécessairement rendre des comptes. La mise en place d’un circuit de validation de document, pour reprendre notre exemple, n’a d’intérêt qu’à partir du moment où l’on peut s’assurer que les tâches nécessaires à la validation (vérifications de chiffres, relecture) ont bien été effectuées et que le service ou le collaborateur concerné engage sa responsabilité sur le résultat sous une forme traçable (email de confirmation, soumission d’un formulaire web, etc.).
L’importance de la question de la traçabilité des processus est également liée au caractère plus ou moins critique du processus concerné pour l’activité de l’entreprise. Un retard subi dans la validation de la réponse à un appel d’offres, par exemple, n’aura pas la même conséquence sur la pérennité de l’activité qu’un dysfonctionnement affectant le processus de validation de notes internes.
Partager |
|
|
Jean Cadeau,
![]() Bénéficiant d’une expérience d’une dizaine d’années dans le domaine du workflow et du Business Process Management (BPM), Jean Cadeau est devenu directeur technique de la filiale Française de l’éditeur K2 en 2006. K2 propose une suite logicielle complète de BPM qui permet de modéliser, exécuter et piloter les processus de travail en s’appuyant sur les applications bureautiques et serveurs Microsoft déployées au sein des entreprises (MS Office, SharePoint, Biztalk, Exchange, InfoPath, Active Directory…). Reposant sur des standards technologiques, les applications workflow réalisées avec la plateforme K2 s’intègrent aisément au système d’information (ERP, CRM, GED, SGBD, portail, etc.), permettant aux entreprises de dégager plus de valeur ajoutée de leurs investissements informatiques existants. Les solutions de K2 sont déployées au sein de plus de 2500 entreprises, dans plus de 40 pays. |



