Les progiciels de gestion intégrés (PGI) en général, et SAP en particulier, constituent aujourd’hui des éléments structurants des grands systèmes d’information. Choisis pour leur richesse fonctionnelle, ils disposent de qualités indiscutables de robustesse, de fiabilité et d’agilité, et permettent une mise en oeuvre rapide de type « boîte noire » dans les domaines métier concernés, sans avoir à investir sur leur fonctionnement interne.
Comme pour l’ensemble des applications du SI, la phase de qualification constitue une étape critique pour la maîtrise du risque fonctionnel et la satisfaction des utilisateurs. Cependant, les activités de qualification présentent un contexte particulier lié aux phases spécifiques du cycle de mise en oeuvre des PGI :
Les activités de test notamment fonctionnel, critiques pour sécuriser la mise en production et la gestion des paliers d’évolution, restent complexes à maîtriser en termes de couverture des processus métier, et constituent une part importante de la mise en oeuvre et de la maintenance des PGI (cf. référence [1]).
Comment la modélisation des processus métier peut-elle constituer le support opérationnel pour la génération et la maintenance du référentiel de tests de progiciels, avec la mise en oeuvre de techniques de génération automatique de tests, de gestion du référentiel de tests et d’automatisation ? Il s’agit ainsi de mettre en oeuvre une démarche d’industrialisation du test fonctionnel (cf. référence [2]), appliquée aux PGI. Elle doit permettre de réduire les coûts et de maîtriser les risques lors de la qualification dans le contexte spécifique des grands progiciels type SAP ou PeopleSoft.
Cette approche peut s’appliquer aux applications SAP, dont la complexité et le caractère critique au sein du SI impliquent la mise en oeuvre d’un processus rigoureux pour la qualification tant en phase de déploiement que d’évolution ou de migration. L’approche s’appuie sur la réutilisation de modèles génériques de processus métier, adaptés aux exigences fonctionnelles spécifiques du projet. La traçabilité de cette modélisation avec le référentiel des processus métiers et exigences (documentation Blueprint SAP) et des éléments d’architecture de SolMan, permet de capitaliser pour la qualification fonctionnelle. Cette approche permet ainsi de faire le lien entre les phases de développement (configuration, développement spécifique, intégration), de maintenance et de migration pour un suivi continu du référentiel de tests, exploitable notamment en test de non-régression.
Il existe trois grandes typologies de projets SAP :
Le projet d’Implémentation consiste à mettre en oeuvre l’ERP SAP au sein du système d’information de l’entreprise. Quant au projet de déploiement, il consiste à créer un ensemble de processus qui sera partagé par toute l’entreprise (entités dans un même pays, dans différents pays et filiales). Un ensemble cohérent de processus est créé et adapté à chaque filiale ou entité pour prendre en compte les dispositions légales en vigueur dans le pays où s’effectue le déploiement. Un projet de montée de version consiste à faire évoluer la version de SAP installée vers la dernière version proposée par l’éditeur.
Un projet d’application de correctifs (support packages ou Enhancement packages) sera organisé de la même manière qu’une montée de version. Toutefois, il nécessitera moins d’efforts de tests. En effet, la couverture des tests est alors focalisée sur les transactions et les processus métier critiques impactés.
Sur un projet d’Implémentation, les tests viseront à s’assurer de la cohérence de chaque processus, mais aussi de leur cohérence entre eux. Par exemple, lors de la réception de marchandise, on va s’assurer que le magasinier valide bien le bordereau de livraison, incrémente bien le stock et dépose les articles au bon endroit. De plus, le testeur devra s’assurer que les divers éléments comptables ont bien été créés.
Un projet d’implémentation SAP est nécessairement stratégique pour l’entreprise puisqu’il vient s’intégrer au coeur du système d’information et des différents métiers de l’entreprise. Les budgets généralement constatés pour les tests d’une première mise en place sont de l’ordre de 30 à 45 % (ils peuvent atteindre les 50 % dans certains cas). Toute industrialisation de cette phase impacte les délais de livraison et la qualité lors de la mise en production. Elle permet aussi de réduire les coûts des tests lors des maintenances et évolutions. Une anomalie détectée en production coûte, en coût de correction, 7 fois plus cher que ce même défaut détecté et corrigé lors des tests fonctionnels. À cela s’ajoutent les coûts potentiels engendrés par cette anomalie sur l’activité de l’entreprise qui peuvent s’avérer bien plus élevés.
Sur un projet de déploiement, en plus des tests liés à un projet d’Implémentation, il faut aussi tester tous les ajustements réalisés pour chaque déploiement dans chaque entité ou filiale. Il est donc important de pouvoir capitaliser sur un patrimoine de test des processus métier « communs» ou « Core Model » puis de les décliner selon les besoins.
Sur un projet de montée de version, l’enjeu principal se situe autour des tests de non-régression. La montée de version SAP est souvent de nature technique : on installe la nouvelle version de l’ERP en touchant au minimum aux processus existants. Il s’agit alors de réaliser rapidement des livraisons en s’appuyant sur les nouvelles fonctionnalités de l’ERP. Sur ce type de projet, on constate que près de 80 % du budget d’implémentation est consacré aux tests. La montée de version de l’environnement de production doit être réalisée dans un délai relativement court (de 24 à 72 h maximum) qui pose donc des contraintes très fortes sur le processus de test. La pertinence et la couverture de tests en amont doivent être excellentes pour éviter toute mauvaise surprise en production. Le temps imparti pour les tests sur la production se résume en général à quelques heures.
Avoir des scénarii de tests bien rodés ou des tests exécutés automatiquement est donc primordial pour garantir la réouverture du système à l’heure planifiée.
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Mohamed Bedouani, Corinne Jazé et Gaël Frèrebeau Atos Origin, l’un des principaux acteurs internationaux dans les services informatiques, fournit des services transactionnels de haute technologie, des solutions de conseil, d’intégration de systèmes et d’infogérance qui permettent d’améliorer la performance de ses clients dans le monde entier. Atos Origin réalise un chiffre d’affaires annuel de 5,1 milliards d’euros avec un effectif de 49 000 personnes. Atos Origin est le partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques et compte parmi ses clients de grands comptes internationaux dans tous les secteurs d’activité. Le Groupe est coté sur le marché Eurolist de Paris et exerce ses activités sous les noms d’Atos Origin, Atos Worldline, Atos WorldGrid et Atos Consulting.
![]() Arnaud Bouzy, Bruno Legeard et Geoffrey Potoczny Fondée en 2003, Smartesting est un éditeur logiciel indépendant spécialisé dans l’industrialisation du test fonctionnel. Smartesting est présent en Europe et en Inde auprès des grands comptes et des intégrateurs pour fournir une solution de génération de tests visant l’optimisation des centres de test. Cette solution est intégrée et certifiée pour les outils de gestion de tests tels que HP Quality Center ou IBM Rational Quality Manager. Elle garantit de produire et maintenir au fil du temps le référentiel de tests à partir de modélisations métier intégrant les processus, règles et entités métier. |



