Les certifications techniques, de plus en plus demandées par les employeurs, ont aujourd’hui valeur de certification professionnelle. Toutefois, il y a plusieurs aspects à prendre en considération, comme le type d’entreprise à laquelle appartient le salarié ou le candidat (petite structure ou grand groupe ? Secteur informatique ou non ?…) ou encore l’origine ou l’initiative de la démarche de certification (individuelle ou collective ?). Par ailleurs, la portée de la certification varie selon son titre et son domaine.
Indéniablement, la certification valide à un instant T la compétence ou le savoir d’un individu. Elle représente un diplôme supplémentaire dans les bagages de celui qui la détient, et sur lequel il pourra s’appuyer tout au long de sa vie professionnelle. L’individu certifié bénéficie également de la reconnaissance de l’éditeur/constructeur, de l’appartenance à une communauté d’experts, avec souvent l’accès à des informations réservées. Cependant, la certification technique évolue constamment, et la maintenir est un challenge permanent.
Lorsque l’on parle de la certification affichée par une entreprise, on pense « expertise » et « qualité » (de service, d’organisation…). Et c’est justement l’objectif premier de la certification. Encore faut-il savoir le partager.
Les certifications informatiques, quelles qu’elles soient, sont avant tout des certifications individuelles. Or, les sociétés du secteur informatique dépendent fortement des certifications de leurs collaborateurs, pour obtenir leur propre accréditation d’entreprise vis-à-vis d’un éditeur ou d’un constructeur informatique, duquel dépend aussi leur activité de services ou de distribution.
Récemment, le responsable d’une société de services informatiques de taille moyenne pestait dans la presse contre les évolutions des certifications des éditeurs - directement liées aux à son business. Son argument portait sur l’investissement trop lourd que représente la (re-)certification des employés pour une petite structure.
Certes, les grosses SSI s’en sortent mieux et peuvent mettre à jour rapidement les compétences et certifications afin de répondre aux critères des éditeurs/constructeurs. Toutefois, il en va du budget formation comme du reste : leur taille « démesurée » leur permet et les oblige à disposer de postes d’investissement plus importants tant pour les ressources humaines, la logistique, le marketing, etc.
En fait, le prix de la certification équivaut à peine à 10% du coût de la formation qui permet de s’y préparer. C’est pourquoi les reproches sur les coûts visent plutôt le temps de préparation et de formation et le coût associé, que la certification elle-même.
Il n’empêche ! Certification ou pas, si l’activité de cette société consiste à proposer à ses clients des solutions techniques, il doit absolument disposer de collaborateurs performants et à jour sur les dernières technologies du marché. Doit-il attendre que l’éditeur/constructeur lui « impose » une mise à jour de ses compétences ?
Dans la course à la recertification, se recertifier coûte 5 fois moins cher que repasser par une filière « nouveau candidat ». Pour exemple, dans une filière Cisco, 1 test suffit généralement pour obtenir la mise à jour de son titre de certification, contre 4 à 5 examens (et autant de formations) pour ceux qui partent de zéro. (cf. tableau ci-dessous)
Les éditeurs et constructeurs pourraient par exemple proposer à leurs partenaires informatiques des accréditations différenciées selon la taille de la structure, voire, selon la taille des marchés qu’ils adressent. C’est ce qu’a proposé avec succès Microsoft, il y a environ 5 ans, via le label PME spécialiste. D’ailleurs, rien n’empêche les plus « gros » d’acquérir ce label s’ils disposent de structures de vente dédiées aux PME.
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![]() Corinne GOMES, Directeur Marketing & Communication Global Knowledge
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