Depuis plusieurs années, le concept d’Architecture orientée services (SOA) est arrivé à maturité dans les entreprises. Plus qu’un nouveau vocabulaire sur des idées préexistantes, la stratégie SOA est désormais au centre des grands projets d’intégration et de rationalisation des services informatiques. Selon la définition qu’adopte l’entreprise, la SOA établit un modèle architectural dont le but est d’améliorer l’efficacité, l’agilité et la productivité d’un système d’information, en plaçant les services comme éléments principaux à travers lesquels la logique des solutions applicatives est représentée pour l’atteinte des objectifs métiers. Au coeur des solutions SOA se trouvent, d’une part, la notion d’orchestration – orchestration des services, à l’aide d’une plateforme ESB ; et orchestration des processus métiers, à l’aide d’un moteur d’exécution – et, d’autre part, la notion d’échange de messages et d’interconnexion des systèmes applicatifs, à l’aide de connecteurs. Toutes ces notions sont couvertes, en ce qui concerne les solutions Microsoft, par le serveur de médiation Microsoft BizTalk Server 2010. Cette plateforme serveur est l’une des briques proposées par Microsoft pour la mise en oeuvre de solutions SOA.
Depuis quelques années, les solutions SOA doivent s’adapter à de nouvelles contraintes, pour apporter de meilleures réponses aux utilisateurs, tout en s’appuyant sur un nombre croissant de services applicatifs disparates, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. Ces solutions doivent être « hautement connectées », tant avec les partenaires commerciaux, les clients, les fournisseurs que les employés « mobiles » de l’entreprise. Dans le même temps, les projets de mise en oeuvre sont soumis aux contraintes de réduction des coûts, obligeant à accroître la réactivité et la productivité dans la mise en oeuvre des solutions. La plateforme applicative Microsoft a donc évolué pour tenir compte de ces nouvelles contraintes.
Une première évolution, apportée par BizTalk Server 2009, concerne l’introduction d’un bus de services d’entreprise (ESB) à la plateforme d’échanges. Les fonctionnalités de routage dynamique, de transformation dynamique et de découverte des points de terminaisons (endpoints) permettent de simplifier les problématiques d’intégration, tout en favorisant la réutilisation des services et en garantissant la maintenance en souplesse des solutions d’échanges.
Seconde évolution intégrée à la plateforme serveur via l’extension Windows Server AppFabric, le support pour les services à exécution continue (long running) tire parti d’une meilleure gestion des ressources pour garantir l’exécution correcte sur le long terme (recycling). Cette fonctionnalité permet la mise en oeuvre de workflows longs, persistants et capables de répondre aux impératifs de montée en charge sur un ensemble de serveurs par l’utilisation d’un cache distribué.
Une troisième évolution majeure, située au coeur de la stratégie Microsoft, concerne le virage vers le Cloud Computing – c’est-à-dire la capacité à procurer de la puissance de calcul et du stockage massif à l’échelle d’internet – via son offre de Platform as a Service (PaaS) Windows Azure. Cette offre apporte des réponses en termes de réduction des coûts et de limitation des risques dans la mise en place de solutions distribuées, tout en procurant de l’agilité. Cette stratégie séduit de nombreux décideurs, qui peuvent s’appuyer sur une expertise tierce pour la construction et l’exploitation de vastes centres de données.
Les solutions SOA qui reposent sur Microsoft BizTalk Server sont, par nature, hétérogènes et distribuées. Elles nécessitent donc, sans doute plus encore que tout autre projet de développement classique, de se doter d’une infrastructure applicative et d’outils solides pour mener à bien leur mise en oeuvre. Sans outillage approprié, de nombreuses opérations manuelles doivent être réalisées et répétées sur un ensemble de serveurs ou de plateformes logicielles différents (arrêt d’un serveur IIS, redémarrage d’un processus BizTalk, etc.) De plus, ces manipulations doivent être effectuées selon un ordre précis, qui conditionne la mise en condition opérationnelle réussie d’une solution applicative.
L’industrialisation d’un projet de développement porte donc sur l’élimination de ces opérations en se fondant sur l’automatisation de la plus grande partie possible des étapes liées à la mise en oeuvre d’une solution logicielle ; de la construction des éléments exécutables à la mise en condition opérationnelle d’un environnement complet. Les bénéfices de l’industrialisation d’un projet SOA vont bien au-delà de la seule amélioration de la productivité.
En s’appuyant sur une démarche systématique et un outillage approprié, l’automatisation de la mise en oeuvre de plateformes applicatives permet de répondre avec une grande réactivité aux défaillances et aux pannes, tout en garantissant un haut niveau de service (respect des engagements de services). De même, l’automatisation des tests unitaires et des tests d’intégration permet d’apporter des corrections rapides à la solution en fonctionnement, tout en garantissant l’identification immédiate de régressions ou d’impacts éventuels.
Deux aspects s’avèrent essentiels à l’industrialisation d’un projet SOA : l’industrialisation des tâches liées au développement applicatif lors de la phase de mise au point et l’exploitation/maintenance de la solution en phase de fonctionnement nominal.
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![]() Maxime Labelle, ![]() Jérémie Devillard, Logica Business Consulting est l’entité Conseil du groupe Logica, entreprise du service en business et technologie qui réunit 39 000 collaborateurs. Elle propose conseil en management, intégration de technologies et externalisation à ses clients du monde entier, dont les plus grandes entreprises en Europe. Logica crée de la valeur pour ses clients en intégrant avec succès les hommes, les enjeux business et les technologies. Elle s’engage dans des collaborations à long terme et exploite ses savoirs pour répondre de façon innovante aux besoins de ses clients. |



