Une large part des 70 % du budget IT consacrés à la maintenance concerne la correction du code d’applications en production. Souvent plusieurs centaines de milliers d’euros. L’enquête annuelle de CAST compare la qualité applicative des technologies et langages de 745 applications.
La notion de dette technique fait référence au coût nécessaire à l’entreprise qui doit remédier aux défauts cachés de ses applications en production. Du moins, à ceux qui représentent un risque ou une menace pour l’application concernée, et donc un impact négatif pour les activités de l’entreprise dont elle contribue au fonctionnement. Cette dette technique s’avère d’autant plus dommageable qu’elle est rarement budgétée, ou qu’elle dépasse généralement les réserves financières estimées par les entreprises les plus prudentes. En 2010, de grandes affaires liées à une dette technique ont défrayé la chronique informatique : Toyota, Sony ou encore RIM, le constructeur du BlackBerry qui a plongé ses utilisateurs dans la nuit numérique pendant de longues heures… Autant d’exemples qui illustrent la réalité du phénomène.
Dans son étude annuelle CRASH Report (pour CAST Report on Application Software Health), l‘éditeur CAST (leader mondial de l’analyse et de la mesure des applications) explique le rôle majeur de la qualité et se propose de poser une « base objective et empirique pour discuter de la qualité structurelle des applications, c'est-à-dire dans quelle mesure les applications souffrent des défauts qui jalonnent leur code ». « Les problèmes que nous avons remontés auraient dû être traités avant la mise en production. C’est comparable au fait d’ignorer les termites qui détruisent la charpente de votre maison » explique le Dr Bill Curtis, directeur scientifique, vice-président du centre de recherche de CAST et directeur du consortium pour la qualité logicielle (CISQ).
Première mondiale, l’étude s’appuie sur l’analyse automatisée de la qualité structurelle de 745 applications issues de 160 sociétés dans 10 secteurs d’activité. Pour un total de 365 millions de lignes de code ! Une analyse visant à évaluer ces applications selon 5 facteurs : la sécurité, la performance, la robustesse, la « transférabilité » et l’évolutivité (capacité à être modifié). Objectif : mettre en relief les problèmes générant les plus gros risques pour les directions fonctionnelles (ou métier).
L’estimation prudente des auteurs de l’étude ramène la dette technique à 3,61 dollars par ligne de code. 24% des 745 applications concernées comptent moins de 50 000 lignes de code, 33 % entre 50 000 et 200 000 lignes de code, 31% en contiennent de 201 000 à 1000 000, et 12% affichent plus d’un million de lignes de code ! Les applications Java-EE représentent 46% de cet échantillon, tandis que .NET, ABAP (Advanced Business Application Programming, langage de SAP) COBOL, et Oracle Forms sont représentés à hauteur de 7% à 11%.
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![]() José Diz, |



