Certains le disent intangible et imprévisible, d’autres se demandent s’il annonce une tempête ou s’il se dissipera aussi vite qu’il est apparu. Et l’on pourrait s’amuser encore à bien d’autres métaphores, toujours est-il que ce fameux nuage est bien là. Des entreprises de toutes tailles ont commencé à en bénéficier, de nouveaux acteurs informatiques ont déjà prouvé le modèle, tandis que d’autres se jettent dans la mêlée pendant que les anciens géants essayent tant bien que mal de prendre le train en route… Comme un nuage en perpétuelle mutation, l’écosystème ne cesse d’évoluer chaque jour. Mais finalement, qu’est-ce que le Cloud Computing ? Quels en sont les concepts essentiels ? Qu’est-ce qui change (ou va changer) vraiment ? Quels sont les bénéfices et les conséquences, aujourd’hui et demain, pour les utilisateurs et les différents acteurs ?
Nous en sommes aux premiers chapitres, et aucune définition n’a encore permis de préciser les concepts et les composants du Cloud Computing de façon complètement satisfaisante. Puisqu’il semble incontournable d’en passer par là pour tenter de clarifier les choses, voici comment synthétiser le phénomène, en étant le moins restrictif possible : Le Cloud Computing, c’est un type d’architecture informatique où les ressources sont massivement élastiques et proposées aux utilisateurs sous forme de services, en s’appuyant sur les technologies du web. Et voilà comment une définition pose plus de questions qu’elle n’en résout ! Cet article va tenter de dissiper le brouillard…
Depuis 1964 et l’introduction par IBM des System/360, l’informatique a connu plusieurs grandes époques, quasiment une par décennie. Après la puissance des mainframes, les années 70 ont vu naître les minis permettant aux entreprises et départements plus modestes de se doter de ressources informatiques. Au cours des années 80, les PC se démocratisent, ramenant un peu de la puissance de calcul sur le bureau de chacun. Pour le grand bonheur de Microsoft, et au profit du modèle prédominant pour l’informatique d’entreprise des années 90 : le Client/Serveur. Celui-ci favorisa le succès des SAP, Oracle, Peoplesoft et autres Siebel. Au début des années 2000, alors que le ciel s’assombrissait pour les géants d’hier qui se consolidaient par acquisition, un nouveau modèle émergeait déjà…
Avec l’avènement d’internet, de nouveaux acteurs tels Yahoo!, Google, Amazon, eBay et bien d’autres, avaient ouvert une nouvelle voie pour le grand public. Parmi les caractéristiques dominantes, on trouvera :
la disponibilité immédiate, car il n’y a pas d’installation puisque tout est « en ligne »,
de nouveaux modèles économiques sans investissement initial (basés sur la vente en ligne pour les uns, ou la publicité pour les autres),
ainsi que, et c’est peut-être plus important encore, une grande simplicité d’utilisation : Qui a déjà utilisé ces services ? Presque tout le monde. Qui a déjà eu besoin d’une formation pour cela ? Presque personne.
Et ces centaines de millions d’internautes participent, sans le savoir, au Cloud Computing.
Pour l’informatique d’entreprise, un autre modèle émerge, reprenant ces trois caractéristiques essentielles : services en ligne sans installation, rupture avec les modèles économiques précédents et simplicité d’utilisation. Un modèle déjà répandu dans d’autres industries où ces évidences sont largement acceptées... comme le montre l’exemple de l’électricité.
L’utilisateur ignore souvent comment celle qu’il consomme est générée. Et son fournisseur se moque de savoir s’il branche un ordinateur ou une cafetière. Chacun souhaite simplement s’abonner au service « électricité », et le fournisseur veut pouvoir facturer en fonction de la consommation. Il ne viendrait à personne l’idée de construire sa propre centrale.
Sur le même principe, la question se pose de savoir pourquoi une entreprise utilisatrice de services informatiques construirait sa propre « centrale informatique », son propre générateur ? Nombreux sont ceux qui déjà ont répondu à la question et choisi de déléguer ce travail aux spécialistes. Ils bénéficient ainsi à la fois des économies d’échelle et d’une qualité de service maximale, en s’abonnant aux seuls services informatiques dont ils ont besoin.
C’est ce que permet internet, et nous sommes déjà au coeur du Cloud Computing.

Il est généralement admis qu’il y a typiquement deux sortes d’applications :
Nous retrouvons cette même distinction à l’heure du Cloud Computing, dont les deux piliers sont :
J’entends d’ici les sceptiques grommeler qu’il n’y a là rien de nouveau, puisque depuis longtemps déjà, il existe des services hébergés, via ce fameux modèle ASP. Dans ce modèle, quelqu’un prend en charge l’infrastructure informatique de telle ou telle application ainsi que son administration, pour laisser à l’entreprise le loisir de l’utilisation. Cela signifie-t-il que le Cloud Computing ne serait que le nouveau terme qui désigne ce que l’on appelait avant l’« outsourcing » ? La réponse est simple et claire : non ! Il y a plusieurs différences fondamentales. La plus importante sans doute, c’est le modèle multi-tenant…
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Jean-Louis Baffier, South EMEA Sales Engineering Director Salesforce.com Après plusieurs années au sein de grandes administrations, Jean-Louis Baffier a travaillé plus de 14 ans chez Oracle, dans diverses fonctions techniques et de management, en France et en Californie. Depuis Février 2008, il a rejoint Salesforce. com en tant que Directeur Avant-Vente pour l’Europe du Sud. Il est également l’un des administrateurs de l’ASP Forum. SALESFORCE.COM est le leader mondial des solutions Cloud Computing d’entreprises, et fournit aujourd’hui via internet un large panel d’applications, dont sa suite CRM et son offre de PaaS appelée Force.com, à plus de 1 100 000 utilisateurs, assurant le succès de plus de 47 700 clients de par le monde. Salesforce.com est également précurseur en proposant un nouveau modèle global de donations (en fonds, en temps de ses employés et en licences gratuites) dont bénéficient plus de 3500 organismes non lucratifs dans 52 pays. |



